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La Chirurgie : Réalités du Métier.

À travers une Interview du Dr MOUNIR HABIBI.

Réalisé par Yousra Habibi, membre du National Small Working Group on Global Surgery d’IFMSA-Morocco sous la coordination de Zineb Bentounsi .

Sans titre

  • Né à Settat le 18 Février 1953.Marié père de 2 enfants.
  • Doctorat en médecine de la faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca.
  • Diplôme de spécialité médicale en urologie en 1991.
  • Exerçant en tant que chirurgien dans le secteur libéral depuis plus que 20 ans.

 

 

1-Quelles sont les difficultés auxquelles un chirurgien fait face tous les jours ?

La première difficulté qui se pose c’est d’établir le diagnostic exact et ensuite réfléchir à la conduite à tenir, les imprévus (risque de léser un autre organe par exemple). En postopératoire c’est la gestion d’une complication chirurgicale.

2-Comment gérez-vous une complication chirurgicale ?

Avant tout, il ne faut jamais lâcher un patient. Il est nécessaire de faire un suivi et de trouver la solution adéquate à chaque problème, la communication avec les collègues a aussi son importance dans l’acquisition d’une expérience professionnelle, et dans l’exploration d’éventuelles solutions et alternatives pour le traitement.

3-Pouvez-vous donner une estimation du temps qu’un chirurgien passe au bloc ?

Il est difficile de déterminer le temps passé au bloc ! Cela dépend s’il travaille dans le secteur public ou le secteur privé. Dans le secteur public, il y a un nombre de patients important pour un nombre de locaux restreint, donc le chirurgien a un temps limité à la différence du secteur privé qui n’est pas limité par l’infrastructure et où le chirurgien peut passer beaucoup de temps à opérer.

4-Quelles étaient vos motivations pour devenir chirurgien ?

La chirurgie est passionnante par les horizons d’intervention très larges, les limites sont définit par le chirurgien et ses capacités à s’aventurer et c’est ce qui me plaisait. Le traitement médical a également son importance dans l’aboutissement à la guérison.

5-Comment gérez-vous le stress du métier ?

C’est une belle question, car la chirurgie est extrêmement stressante. Chacun trouve sa méthode: la prière, le sport et parfois même les anxiolytiques. La chirurgie est ingrate, on peut réussir 1000 actes mais 1 seul acte raté peut ruiner votre vie.

6-Et vous, qu’est ce qui vous aide à supporter les longues heures de travail ?

C’est le dévouement et l’amour du métier qui réduisent la fatigue et qui aident à supporter le travail pendant les nuits et les weekends.

7-Vous souvenez vous d’un patient en particulier ?

En 1999, j’ai eu à traiter une patiente de 7 ans  qui présentait un  reflux vésico-urétéral. Son problème était que le traitement chirurgical présentait d’énormes risques pour elle. Parfois il faut savoir ne pas opérer et trouver une autre solution alors j’ai privilégié le traitement médical. Cela a fini par apporter ses fruits. La patiente est complètement guérie. Je suis également heureux d’avoir réussi à traiter 23 gangrènes de fourniers, une opération avec un taux de réussite de seulement 10% dans la littérature.

8-Parlez-nous de votre 1ère opération chirurgicale et du souvenir que vous gardez de celle-ci:

Ma première opération était une intervention sur la prostate. Malheureusement, 3 heures après, le patient a fait une hémorragie. J’ai dû opérer de nouveau, et essayer de faire l’hémostase. 10 jours après le patient fait une  deuxième hémorragie    , une intervention chirurgicale a été nécessaire pour ligaturer l’artère hypogastrique. Il a été sauvé !

9-Selon vous, comment peut-on améliorer la chirurgie au Maroc ?

Je pense que cela doit passer par une meilleure formation! Il y a plusieurs lacunes au niveau de la formation chirurgicale au Maroc, dont l’absence de dissection sur les cadavres, l’expertise sur les animaux ou à d’autres moyens technologiques pour s’entraîner et évaluer les gestes. Cela permettrait d’améliorer nos résultats et même de développer de nouvelles techniques chirurgicales.

10-Avez-vous des conseils à donner aux futurs chirurgiens à propos de cette spécialité ?

Une personne stressée de nature doit éviter cette spécialité. Pour être chirurgien, il faut avant tout avoir une moralité et une conscience professionnelle. Je tiens aussi à préciser qu’il faut veiller à faire le diagnostic correctement et consciencieusement et qu’il faut s’intéresser au résultat en post opératoire. Il faut connaître l’anatomie et suivre l’actualité médicale et chirurgicale car l’apprentissage est un processus continu.

11- Que pensez-vous de la place de la femme en chirurgie ?

J’estime que la femme a les mêmes capacités que l’homme dans ce domaine. Cependant je trouve qu’il est préférable pour une femme de choisir la spécialité chirurgicale qui lui permettra de mieux concilier sa vie de famille et son travail.

 

 

 

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